09-10 accordéon

- Personne ne lit l’éditorial. Et ceux qui le font l’oublient aussitôt. -

Attention, attention ! Vous avez sous les yeux le premier prototype d’un édito d’un genre nouveau : l’édito accordéon. Qu’est-ce donc ? Tout simplement un moyen interactif de vous éviter de vous ennuyer lors de votre lecture. Le texte que vous voyez est trop long ? Pas de problème, l’édito accordéon est prévu pour ça. Cliquez ici et vous aboutirez directement à la partie intéressante du texte. Vous avez du temps à perdre et l’habitude de lire les textes de manière exhaustive sans sauter les passages ennuyeux ? Dans ce cas-là, poursuivez votre lecture.

Connaissez-vous Barton Fink ? C’est un film avec John Turturro qui traite de l’angoisse de la page blanche pour un romancier. Bon, j’imagine que vous connaissez mieux John Turturro pour son rôle halluciné dans Transformers et sa pugnacité à vouloir appeler Megatron « E.N.B.1 » (Entité Non-Biologique 1). 1 Sauf que là, ce n’est pas de robots que je veux vous parler mais de page blanche.

Vous savez, quand on lit une pelletée d’éditos, on se dit parfois qu’on pourrait faire mieux que le gars qui écrit, qu’on aurait tellement plus de trucs intéressants à dire, que ce qu’ils mettent n’est que du remplissage (un peu comme ce que je suis en train de faire, non ?)… Seulement, voilà : quand l’occasion vous est donnée de passer de l’autre côté, vous déchantez vite fait.

Ah ça, des gens pour se plaindre, il y en a des tonnes. Mais des gens pour agir, nettement moins. Et quand l’occasion vous est donnée d’agir au lieu de vous plaindre, vous vous rendez compte que la passivité était curieusement plus rassurante. Et du même coup, vous comprenez pourquoi parfois, page blanche et vide intersidéral sont synonymes.

Tout ça pour en venir où ? Juste pour vous dire que Rappar m’a laissé écrire l’édito de ce trimestre et que, pour le coup, ce n’est pas une sinécure. Heureusement, le trimestre prochain, ce sera un autre. Et puis un autre, et mon tour ne devrait pas revenir avant trois ans…

[Petit rappel aux lecteurs maintenant ensommeillés : si vous voulez directement lire la partie la plus intéressante de l'édito, vous pouvez toujours cliquer ici.]

Bon, ça y est, j’ai passé de la pommade au boss, je peux maintenant vous parler de ce qui me tient à cœur.

Généralement, un édito rentre dans deux catégories : soit une prise de position du rédacteur sur un sujet transverse au magazine mais qui n’a pu être traité dans un article, soit un coin détente avec des propos dans la thématique du canard. Pour PTGPTBVF, c’est un peu délicat. Prendre position ? Pourquoi pas mais des tas d’auteurs le font bien mieux que moi (et oh ! comme par hasard, dans les articles que nous avons traduits). Coin détente ? Hum, comment vous expliquer ? Voilà ! Dans « moine-traducteur », il y a « moine ». Alors forcément, on sort peu, on ne s’ouvre pas toujours au monde et du coup, on n’a pas beaucoup de matière pour discuter.

Je vais donc en venir à la partie la plus intéressante de cet édito (oui, celle où vous seriez arrivés si vous aviez cliqué dès le début) : mon coup de cœur du trimestre.

Comprenons-nous bien : tous les articles de ce trimestre valent la peine d’être lus (et vous aurez remarqué que je suis en mode Pommade OFF). Certains seront peut-être plus ardus que d’autres, certains plus légers dans leur thématique mais tous apportent des éléments de réflexion sur notre passion. Seulement, les articles de JdR, c’est comme les bouquins, les films et tout un tas de choses : parfois, on flashe sur l’un d’eux et on veut le faire partager au plus grand nombre.

Et, pour le coup, c’est JdR pour débutants : le manifeste, qui remporte la palme (enfin, à mon humble avis). L’auteur essaye de comprendre pourquoi il n’y a pas de vrai jeu de rôle pour débutants et pourquoi le peu qui ont existé n’a pas fonctionné. Je sais pas pour vous mais, quand je fréquente les boutiques de jeux en quête d’un JdR novateur, j’ai parfois l’impression d’être un prêcheur dans le désert.

C’est bien simple, nombre de jeux publiés me semblent calqués sur le même modèle. Des gros livres bien chers, écrits petits, chiches en illustrations mais avec énormément d’informations à ingurgiter. Et là, je ne vous parle que de la présentation, le truc qui va amener l’hypothétique acheteur à s’intéresser au jeu en question. C’est bien simple, j’ai le sentiment que les éditeurs de JdR sont restés à une manière de faire similaire à celle des années 80 et que, pour leur malheur, les auteurs actuels les reproduisent dans leur travail, pour faire comme les anciens, en croyant faire mieux.

Pourtant, la consommation actuelle de biens culturels passe par le zapping. Vous en connaissez beaucoup, vous, des personnes prêtes à passer plusieurs mois pour se taper 350 pages de règles ? Alors que, dans le même temps, on surfe sur trois sites Internet en même temps, on est connecté à son réseau social en permanence et on est content que les épisodes de séries télé durent 40 minutes au lieu de minimum une heure et demie pour un film.

C’est ce qu’a parfaitement compris JdR pour débutants : le manifeste. Enfin un article qui va à contre-courant de la pensée actuelle mais qui se fonde sur des situations bien empiriques. Même s’il est paru en 1999, on en est presque au même point 10 ans plus tard.

Tout ça pour vous dire à quel point j’ai été ravi de lire cet article qui m’a fait rêver. L’espace d’un instant, j’ai pensé que le secteur du JdR pouvait sortir de sa routine et proposer de vrais jeux en adéquation avec un nouveau lectorat. Qu’il pouvait se remettre en question et prendre des risques. Qu’il pouvait tout mettre à plat et repartir sur de nouvelles bases. Qu’il pouvait en somme, se comporter comme ce que nous sommes tous à un moment ou à un autre dans une partie de JdR : des héros.

Et c’est tout ce que je demande au jeu de rôle.

Benoît Huot

NdlR : les propos de Benoît Huot n’engagent pas toute la géniale équipe de traducteurs de PTGPTBvf (rejoignez-nous). Nous sommes les amis de tous les éditeurs de JdR, nos étagères ne sont pas assez pleines et nous sommes corruptibles !

Pour nous écrire: ptgptbvf CHEZ free.fr

Les traductions du trimestre:

Pour leur 10ème année, les formidables traducteurs de la vf (rejoignez-nous!) ont battu leur record du nombre de trads trimestrielles, puisque c’est TREIZE articles (des petits et des grands) que nous proposons ;

* pour améliorer votre expérience de joueur *

- Construire une relation avec votre personnage – donnez encore plus de corps, consistance et intérêt à votre perso, en vous demandant ce qu’il fait entre les scènes.

- Il vous faut un Avocat (ès règles), les mecs ! – Votre MJ est un enfoiré qui exploite les règles contre vous. Il vous faut un spécialiste pour vous défendre ! Il vous faut… un avocat ès règles !

- Jouer avec Débilus – le joueur voisin est un enfoiré qui a optimisé son perso en mettant 3 dans la carac qui ne sert à rien ! Voici comment le lui faire payer.

- Invitez le Juge Elias – on peut beaucoup s’amuser en jouant des “guest stars”.

* pour les MJ *

- Intéressez-vous – une invitation à vous intéresser à tous les personnages-joueurs, même les moins… “intéressants”.

- Le Yin et le Yang de la maîtrise – les MJ sont soumis à deux forces opposées… qui se complètent toutefois. Apprenez à les reconnaître.

- Je n’arrive pas à trouver des joueurs – imaginez : vous êtes un MJ génial expatrié au fond de la Finlande. Voici comment trouver des joueurs !

- La percée – un scénario pour une expérience immersive des joueurs cherchant le réalisme… intense mais brève !

* sur les univers de jeu *

- La démographie médiévale facile : des vrais chiffres pour du méd-fan plus vraisemblable.

* sur l’économie du JdR *

- Nous sommes au XXIe siècle et les rôlistes sont toujours des billes en économie – les prix des suppléments augmentent ; les rôlistes râlent ; et un pigiste montre les dents !

- JdR pour débutants : un manifeste. – Si vous vous êtes toujours demandé pourquoi le JdR n’avait pas explosé en popularité, voici un début de réponse.

- Style et structure – deux éléments qui définissent la personnalité d’un jeu de rôles et auxquels les créateurs devraient penser.

* théorie *

- L’interaction: l’élément clé du GN – les GNistes scandinaves sont allés plus loin que les autres dans la théorie du jeu de rôles en général ; ici ils expliquent les différentes sortes d’interactions en cours de jeu.


  1. NdlR : Benoît est dans l’équipe de PTGPTB, ne vous étonnez pas si c’est un polard…
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